Travaux à la maison : ce que votre assurance habitation couvre vraiment

Entamer des travaux de rénovation sans prévenir son assureur, c’est prendre un risque souvent sous-estimé. En France, le marché de la multirisque habitation (MRH) représente 46,1 millions de contrats et 13,8 milliards d’euros de cotisations en 2024, selon France Assureurs. Pourtant, beaucoup de propriétaires et de locataires ignorent que leur contrat peut être partiellement suspendu dès lors qu’un chantier débute dans le logement.

Déclarer ses travaux : une obligation souvent ignorée

Avant même que le premier coup de marteau soit donné, une démarche s’impose : informer son assureur. Cette déclaration, idéalement par courrier recommandé avec accusé de réception, doit préciser la nature des travaux, leur durée prévisionnelle, leur montant estimé, ainsi que les coordonnées et attestations décennales des entreprises intervenant sur le chantier. Sans cette formalité, l’assureur est en droit de réduire, voire de refuser toute indemnisation en cas de sinistre, conformément à l’article L113-8 du Code des assurances.

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Pour aller plus loin sur la façon dont votre assurance habitation s’articule concrètement avec un chantier, le fonctionnement des garanties et les bons réflexes à adopter sont détaillés sur le site Démarrez les Travaux.

La règle vaut aussi pour un locataire : il doit obtenir l’accord préalable du propriétaire et prévenir son propre assureur avant d’engager quoi que ce soit. En cas de dégât des eaux, la répartition des responsabilités dépend de l’origine du sinistre : une fuite sur une canalisation encastrée vétuste engage le propriétaire bailleur, tandis qu’un équipement d’usage locatif relève du locataire.

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Dommages-ouvrage et garantie décennale : les piliers légaux des chantiers importants

Pour des travaux touchant à la structure du bâtiment, la loi Spinetta de 1978 impose la souscription d’une assurance dommages-ouvrage (DO) avant tout démarrage. Elle permet d’être indemnisé rapidement en cas de malfaçon grave, sans attendre une décision de justice. Son absence peut également bloquer une revente dans les dix ans suivant la réception du chantier.

Du côté des professionnels, la garantie décennale reste obligatoire pour tous les artisans et entreprises du BTP intervenant sur des ouvrages structurels. Depuis 2025, les pompes à chaleur et inserts bois installés en remplacement sortent toutefois de son champ d’application. L’attestation d’assurance décennale doit être remise au maître d’ouvrage avant l’ouverture du chantier. Pour des travaux de moindre ampleur (rafraîchissement, second œuvre), la DO n’est pas obligatoire, mais une extension de garantie MRH reste vivement recommandée.

Après les travaux : penser à mettre à jour son contrat

La fin du chantier ne clôt pas les obligations vis-à-vis de l’assureur. Toute modification significative du logement, qu’il s’agisse d’une extension, de l’installation de panneaux solaires ou d’une piscine, doit être déclarée pour que la valeur assurée reste cohérente avec la réalité du bien. Certains équipements peuvent nécessiter des garanties spécifiques qui ne figurent pas dans un contrat standard.

Les primes MRH ont augmenté en moyenne de 8 à 12 % en 2025, notamment sous l’effet de la hausse de la surprime catastrophes naturelles, passée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025. Un bon moment, donc, pour vérifier que son contrat est non seulement à jour, mais aussi réellement adapté à la situation du logement. 

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