Le télétravail concerne désormais plus d’un salarié du secteur privé sur cinq en France, selon les données INSEE et DARES de 2024. Une réalité bien installée, souvent formalisée par un avenant au contrat de travail, qui soulève une question concrète rarement posée : votre logement est-il correctement assuré quand il devient aussi votre bureau ?
Ce que le contrat MRH couvre… et ce qu’il laisse de côté
L’assurance multirisques habitation (MRH) protège généralement les biens personnels contre les risques classiques, incendie, dégât des eaux, vol, y compris lorsque leur propriétaire télétravaille entre ses murs. La responsabilité civile vie privée est également incluse dans la plupart des contrats. Jusque-là, pas de surprise.
Mais dès qu’on entre dans la sphère professionnelle, les limites apparaissent. Le matériel appartenant à l’employeur (ordinateur portable, téléphone de fonction) n’est généralement pas couvert par la MRH du salarié. La responsabilité civile professionnelle, elle non plus, ne figure pas dans un contrat habitation standard. Et les cyberattaques liées à l’activité professionnelle restent un angle mort fréquent, alors qu’elles représentent un risque croissant pour les télétravailleurs connectés.
Un point souvent négligé : si le télétravail n’a pas été déclaré à l’assureur, certaines clauses d’exclusion peuvent s’appliquer en cas de sinistre lié à une activité professionnelle exercée au domicile. Relire ses conditions générales s’impose donc, surtout si le télétravail est devenu régulier.
L’employeur a des obligations, le salarié aussi
L’employeur n’est pas en dehors de l’équation. Il reste tenu d’assurer la responsabilité civile professionnelle de ses salariés en télétravail, ainsi que le matériel professionnel utilisé à leur domicile. Ces obligations ne disparaissent pas parce que le salarié travaille depuis son canapé plutôt que depuis un open space. Demander à son employeur une attestation d’assurance couvrant le matériel professionnel est une démarche simple, mais souvent oubliée.
Du côté du salarié, la démarche clé reste de déclarer sa situation à son assureur, dès lors que le télétravail est formalisé ou pratiqué de façon régulière. Cette déclaration permet d’adapter les garanties, via des extensions de contrat si nécessaire. Le coût moyen d’un sinistre lié au télétravail (vol, incendie, dommages matériels) est estimé entre 2 500 et 5 000 euros selon des données de 2025, une somme qui justifie de ne pas laisser cette vérification de côté.
Locataires et propriétaires : un angle immobilier à ne pas négliger
Pour les locataires, l’assurance habitation est déjà obligatoire (loi ALUR). Mais si le logement est utilisé de façon mixte, à la fois comme résidence principale et comme lieu de travail régulier, le contrat doit refléter cette réalité d’usage. Un sinistre déclaré dans ce cadre, sans mention du télétravail, peut créer des complications avec l’assureur.
Du côté des propriétaires bailleurs, le télétravail du locataire ne modifie pas les obligations d’assurance PNO (propriétaire non occupant). En revanche, en cas de dégât des eaux ou d’incendie causé par un locataire en télétravail, les règles classiques de responsabilité civile s’appliquent via sa MRH. Mieux vaut s’assurer que le locataire est à jour et couvert de manière adéquate avant de signer un bail, un réflexe utile à avoir en tête lors d’une recherche immobilière.
Vérifier son contrat, déclarer sa situation et se coordonner avec son employeur : trois gestes simples qui évitent bien des déconvenues au moment où on en a le moins besoin.

