Assurance habitation : primes en hausse, sinistres longs à régler… que faire en 2026 ?

Les cotisations d’assurance habitation augmentent fortement depuis 2025, et la tendance ne s’est pas inversée en 2026. Pour beaucoup de propriétaires et de locataires, la question n’est plus seulement de payer moins cher, mais aussi de comprendre ce qui se passe réellement en cas de sinistre. Car entre la déclaration et l’indemnisation, le chemin peut être long, très long.

Des primes qui s’envolent, région par région

Selon France Assureurs, le marché de la multirisques habitation (MRH) a atteint 15 milliards d’euros de cotisations en 2025, en progression de 8,4 % sur un an. La prime moyenne s’établit à 323 euros hors taxes par an, mais la note grimpe nettement selon le logement : au-delà de 110 m², la facture dépasse 427 euros annuels, contre environ 105 euros pour un studio. Un facteur réglementaire explique une bonne part de cette hausse : la surprime catastrophe naturelle est passée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025, alourdissant mécaniquement tous les contrats.

En 2026, la dynamique se confirme. Le baromètre Assurland fait état d’une prime moyenne nationale de 310 euros, avec des écarts régionaux importants : la Nouvelle-Aquitaine enregistre une hausse de 20,2 %, l’Île-de-France de 15,5 %, la Bretagne de 10,8 %. Face à cette situation, la résiliation infra-annuelle, en vigueur depuis décembre 2020, permet de changer d’assureur à tout moment après la première année de contrat, sans frais ni justification à apporter.

Sinistres : moins fréquents, mais plus coûteux et souvent mal gérés

En 2025, environ 4,2 millions de sinistres ont donné lieu à indemnisation, pour une charge totale de 7,9 milliards d’euros. Bonne nouvelle sur le fond : la fréquence a reculé de 9,1 %. Moins bonne nouvelle : le coût moyen des sinistres a progressé de 7,4 %, notamment sous l’effet des garanties incendie et tempête. Les dégâts des eaux restent la garantie la plus sollicitée (39 % des sinistres), mais ce sont les incendies qui pèsent le plus lourd dans les indemnisations (28,7 % de la charge totale).

C’est dans ce contexte qu’une étude de l’ACPR, publiée le 30 juillet 2026, a mis en lumière des dysfonctionnements sérieux dans le traitement des dossiers. Le délai moyen de règlement s’affiche à 49 jours sur l’ensemble du marché, mais 10 % des dossiers ne sont réglés qu’après plus de sept mois. Le régulateur pointe directement les outils informatiques des assureurs, qu’il qualifie d’« imprécis », et la saturation des cabinets d’expertise comme causes principales de ces retards. Des résiliations purement automatisées après un seul sinistre sont également épinglées. Sur ce point, un article sur l’assurance habitation détaille comment certains acteurs cherchent à simplifier concrètement ces démarches en 2026.

Vos recours si l’indemnisation traîne

Quelques réflexes peuvent accélérer le traitement d’un dossier. Transmettre dès le départ des photos datées, les factures d’achat et des devis d artisans chiffrés réduit les allers-retours avec l’assureur. Si le délai contractuel est dépassé, une lettre recommandée avec accusé de réception permet de mettre formellement en demeure la compagnie et d’ouvrir un droit à pénalités de retard. Au-delà de deux mois sans réponse à une réclamation écrite, la saisine du Médiateur de l’assurance, gratuite, constitue le recours le plus efficace.

Mieux comprendre son contrat reste, aujourd’hui plus que jamais, le premier moyen de ne pas se retrouver démuni face à un sinistre.

Ne ratez rien de l'actu